LES MÉTAUX – MATIÈRES À ÉMOTION

Des Egyptiens aux Incas, l’or a toujours été adoré et considéré comme une divinité à l’image du soleil. Monnaie d’échange, il servait aussi à créer les plus belles parures, réservées aux grands de ce monde. Mais il n’est pas le seul… L’argent et le platine complètent le trio des métaux précieux utilisés en bijouterie-joaillerie.

L’or – La valeur refuge universelle

L’or est aujourd’hui extrait des mines d’Afrique du Sud et du Canada pour l’essentiel. Inaltérable à l’air et à l’eau, inoxydable, conducteur de chaleur, il possède des qualités idéales pour le bijoutier puisque c’est un métal mou, facile à fondre et à façonner. Voilà pourquoi il est rarement utilisé pur mais plutôt en alliage. Sa couleur naturelle est jaune paille.

Le platine – Le plus rare des métaux

Identifié seulement en 1735 à partir de l’étude de bijoux colombiens antiques, il est blanc argenté, d’où son nom « platina » diminutif de « plata » qui signifie

« argent » en espagnol. C’est le plus inaltérable et le plus rare des métaux précieux. Facilement malléable, très dense et résistant à l’oxydation, il provient d’Afrique du Sud et de Russie principalement.

L’argent – Lumière et éclat

Au naturel, l’argent pur possède une couleur blanche métallique qui reflète particulièrement bien la lumière. Il était d’ailleurs utilisé pour la fabrication des miroirs. Les plus grands gisements d’argent se situent au Mexique, au Pérou et au Canada. Aussi dur que le platine, très fortement conducteur de chaleur, il peut s’oxyder à l’air libre et devenir noir en surface… sauf si on le porte !

Le vermeil – D’or et d’argent

Les bijoux en vermeil sont fabriqués en argent puis recouverts d’une couche d’or de 5 microns minimum par électrolyse. Aucun autre métal ne peut être employé pour que l’appellation vermeil métal précieux soit utilisée.

BON À SAVOIR

La technique du rhodiage

Très utilisée, elle consiste à recouvrir la surface d’un bijou en or ou en argent d’une fine couche de rhodium. Ce métal rare leur apporte une grande résistance à la corrosion et un supplément d’éclat, car il ne s’oxyde pas. De couleur blanche, il est employé fréquemment pour les bijoux en or bicolore. Après quelques années et en cas d’usure, il est possible de renouveler le rhodiage chez votre bijoutier.

Alliages, titrages et poinçons – Question de proportions
  • > L’alliage avec d’autres métaux, comme l’argent, le cuivre, le zinc ou le palladium, permet d’apporter des qualités mécaniques supplémentaires au métal de base, une meilleure résistance notamment.
  • > Pour l’or, l’alliage permet aussi de modifier la couleur naturelle de l’or jaune et d’obtenir de l’or rose (avec plus de cuivre) ou de l’or blanc (avec du palladium ou nadium).
  • > La proportion de masse de métal précieux de base dans la masse totale de l’alliage s’appelle le titre et s’exprime en millièmes. Ce système remplace les carats aujourd’hui.

Ainsi, l’or, le platine ou l’argent purs titrent à 1000 millièmes (24 carats).

Les titres légaux autorisés en France
OR PLATINE ARGENT
750 ‰ (18 carats) 950 ‰ (23 carats) 925 ‰ (22 carats dit « argent sterling »)
585 ‰ (14 carats) 900 ‰ (22 carats) 800 ‰ (19 carats)
375 ‰ (9 carats) 850 ‰ (20 carats)  
Les poinçons officiels

Les poinçons d’état attestent de l’authenticité des matières premières utilisées. Ils sont obligatoires pour les bijoux de plus de 3 grammes en or et platine, de plus de 30 grammes en argent.

  • Tête d’aigle pour l’or 750 millièmes
  • Tête de chien pour le platine 950 millièmes
  • Tête de minerve pour l’argent 925 millièmes

Les poinçons de fabricant engagent sa responsabilité et permettent la traçabilité du bijou en identifiant son origine.

  • > Poinçon triangulaire pour les bijoux réalisés en France
  • > Poinçon ovale pour les bijoux réalisés hors de l’Union Européenne

LES GESTES DU BIJOUTIER-JOAILLIER – DU GRAND ART

Du dessin à l’écrin, la création d’un bijou nécessite de nombreuses étapes et des savoir-faire très pointus.

  • > A partir du dessin, le bijoutier fait un moulage en cire du futur bijou, à la main ou avec une imprimante 3D.
  • > La maquette est ensuite réalisée en or, platine ou argent.
  • > Le bijou brut est alors poli pour effacer toutes les rayures en douceur. > Grâce à son expertise en gemmologie, le bijoutier choisit les diamants chez le diamantaire…

le diamantaire ou les pierres précieuses chez le lapidaire, les deux spécialistes qui taillent les pierres. Baguette, marquise, brillant, poire, émeraude, coussin, princesse ou cabochon, il choisit le style qui saura le mieux mettre en valeur chaque pierre. > Il procède ensuite au sertissage des pierres sur le bijou. Encore des heures passées sous la loupe, surtout s’il s’agit d’un pavage avec de minuscules pierres !